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Description
Les arbres expliquent parfois l’histoire d’une ville.
- Plantation de 15000 mûriers par l’agronome Olivier de Serres sous Henri IV dans le jardin des Tuileries (Paris) afin d’abriter des vers à soie.
- Les califes de Cordoue du IXe siècle ont planté 40 000 bigaradiers. Depuis, ils produisent suffisamment de fruits pour produire chaque année la marmelade légendaire de la cité andalouse.
- Au XVIIIe, en France, énormément d’arbres ont été plantés le long des routes, dans les villes, et aux abords des canaux. Les arbres remplirent d’autres fonctions: il faut produire du bois pour la construction navale. Malheureusement, la fonction utilitaire des arbres sera délaissée au profit de l’ornementation espaces citadins.
La fonction productive des arbres en ville s’est progressivement estompée avec l’ère de l’énergie abondante ayant favorisé l’hyperspécialisation des territoires. A titre d’exemple, le châtaignier produit beaucoup de farine par rapport à la surface occupée. Il a même été massivement planté afin de prévenir les situations de famine. Depuis, la fonction ornementale des arbres prédomine sur la fonction nourricière. On note que le platane représente plus de 70% des arbres urbains en France.
Au début de la décennie 2020, la France importe 70% des fruits consommés (rapport du Sénat, 2021) et importe indirectement de l’eau (appelée « eau virtuelle ») en provenance d’autres pays, parfois déjà soumis à une forte pression hydrique.
L’arboriculture fruitière professionnelle décline à la périphérie des villes: la plupart des candidats à l’installation se tournent plutôt vers le maraîchage dont le retour sur investissement est plus rapide. Entre-temps, les techniques de paysagisme se sont focalisées uniquement sur l’aspect esthétique. En Ile-de-France, les surfaces arboricoles ont diminué de 25 % entre 2000 et 2010. Parallèlement, entre 1988 et 2000, 60 % des arboriculteurs périurbains ont disparu.
La séparation nette entre les plantes comestibles dans les champs et les plantes esthétiques dans les villes, est parfaitement artificielle. Cette ségrégation entre les espaces contribue à augmenter les pressions sur les champs et à séparer les lieux de consommation des lieux de production: c’est la fracture métabolique (débouclage des flux biogéochimiques, déséquilibres dans les usages de l’eau, productivisme agricole accentuant la pression sur les sols).
Un paysage comestible vise la plantation d’espèces végétales qui apporteront directement (fruits de bouche) ou indirectement (fruits transformés, production de miel) une production alimentaire. L’arbre fruitier est générateur d’interactions entre les citadin(e)s. Il participe à:
- créer des moments de convivialité lors des plantations entre voisin(e)s, lors des récoltes ou encore de la cuisine.
- sensibiliser les citoyen(ne)s aux questions relatives à une alimentation locale et saine mais aussi à leur apprendre diverses techniques horticoles telles que la greffe fruitière ou la taille de l’arbre fruitier dont les pratiques ont progressivement disparu.
- l’éducation des enfants si les arbres fruitiers sont facilement accessibles pour des visites scolaires
Le mouvement Community Fruit Tree Harvest est né aux Etats-Unis en 2005; son objectif visait la pratique du glanage urbain.
Ces mouvements participent au développement des réseaux d’entraide, qui luttent contre la pollution générée par le transport de denrées alimentaires ainsi que le gaspillage alimentaire.
Planter des essences nourricières transforme une partie des paysages urbains, mixtes et proches des villes en paysage comestible donc à rapprocher lieux de consommation et lieux de production. A l’image de certains paysages campagnards où des arbres fruitiers ont été plantés à l’entrée des bourgs.
L’action consiste à utiliser des espaces communs, souvent destinés au simple aspect esthétique, en les transformant en espace comestible, notamment en plantant des arbres fruitiers, petits fruitiers et autres plantes vivaces qui procureront non seulement de la nourriture à la petite faune mais aussi participeront à produire de la nourriture pour les habitants. On optimise ainsi les ressources du sol, l’eau de pluie, les services écosystémiques rendus par les butineurs. Le fait de répartir les essences sur le territoire permet d’éviter les problématiques rencontrés dans les vergers monospécifiques avec la transmission d’une maladie (ou les attaques des ravageurs) à tous les arbres fruitiers et donc le recours aux pesticides de synthèse.
Par extension, on peut également rendre comestible certains espaces proches des écoles. C’est ce à quoi s’emploie l’association “La graine indocile”.
Le retour des forêts comestibles (jardins-forêts) permet d’apporter une ressource abondante de nourriture à la population ainsi qu’à la faune, selon les essences choisies.
Le jardin-forêt:
Le jardin-forêt vise la création d’un écosystème à la fois le plus productif et le plus autonome possible. C’est la forme la plus aboutie du paysage comestible.
Le jardin-forêt associe diverses plantes afin d’optimiser les différentes strates aériennes (couvre-sol, arbustes, plantes grimpantes, arbres, herbacées,) et de diversifier les strates souterraines (bulbes, racines pivotantes et traçantes). Cela permet d’augmenter la diversité des espèces et d’optimiser le taux de plantation. Les plantes auxiliaires et les plantes productives sont disposées de façon à limiter l’intervention humaine.
L’ouvrage Agriculteurs urbains recense ainsi :
- plusieurs « stations gourmandes » à Nantes,
- des ronds-points plantés de vignes et de fruitiers à Toulouse,
- des vergers pédagogiques dans les écoles à Paris,
- des vergers linéaires le long des pistes cyclables à Londres,
- la création d’une forêt comestible de 1.5 hectare, la Beacon Food Forest, à Seattle
- le remplacement des arbres d’ornement par des fruitiers à Lausanne en Suisse.
Voir aussi les fiches actions suivantes:
- Verger communal
- Murs à fruits
- Autoproduction alimentaire par les citoyens
- Cartographie du territoire des espèces comestibles / atlas collaboratif
Enjeux relatifs à la mise en place
- Expertise/ nombre d’acteurs/ complexité :
- formation des équipes d’espaces verts notamment à la pratique de la greffe.
- plantations possibles via des chantiers participatifs impliquant des citoyen(ne)s et/ou des élèves sur les terrains scolaires.
- Durée :
- Coût :
- Equipement :
Contributions à la résilience
- Rééquilibrage des ressources hydriques sur le territoire
- Résilience alimentaire:
- anticipation du pic pétrolier (« descente énergétique »)
- Réduction des pollutions liées aux transports de fruits importés
- Réduction de l’usage des produits phytosanitaires
- Favorise la biodiversité: les essences fruitières sont souvent mellifères, elles nourrissent les insectes butineurs
- Protection du patrimoine génétique
Points d’attention
- Communication auprès des citoyen(ne)s concernant l’utilité de l’action. Possible réticence à voir des fruits tomber sur la voie publique
- Eviter le conflit des usages, impliquer réellement les habitants, prévenir des excès, déterminer le caractère du verger (partagé ≠ public)
- Co-concevoir de façon ergonomique avec des espèces/porte greffes/variétés adaptées (verger piéton sans devoir grimper dans les arbres, variétés robustes et faciles à tailler, allergies, pollution du sol)
- Gros travail d’adaptation au changement climatique
- Formation de responsables (association ou commune) à la taille
Exemples inspirants
Exemple 1: « Kirschblütenweg » en Autriche (Burgenland – Purbach)
- Lieu : Purbach (Autriche)
- Source(s) : https://www.burgenland.info/erleben/sportlich-aktiv/mit-dem-rad/top-radrouten/kirschblueten-radweg
Description :
Cette route campagnarde de la région Burgenland en Autriche (à la frontière hongroise) est une vélo-route comprenant un tronçon qui se faufile entre les champs bordés par des cerisiers en fleurs au printemps et regorgeant de fruits au mois de Juin. La cueillette est gratuite.
Exemple 2 : “Stations gourmandes”
- Lieu : Nantes, Toulouse, Londres, Seattle, Lausanne, etc.
- Source(s) : https://up-magazine.info/urbanisme-architecture-paysages/6958-des-arbres-fruitiers-dans-nos-villes/
Description :
Des bénévoles récoltent prunes, poires et pommes 1 à 2 fois par semaine en période de production. Ainsi, entre 2005 et 2009, plus de sept tonnes de fruits ont été ainsi récoltées puis distribuées dans une quinzaine d’épiceries solidaires.
Ressources
- …
Bibliographie
- Rapport du Sénat “Défaillance des contrôles aux importations : l’exemple du sésame” : https://www.senat.fr/rap/r20-368/r20-3680.html
- Audanis – “FRUITS ET LÉGUMES, QUELLE PLACE POUR PLUS DE « MADE IN FRANCE » ? : https://audanis.fr/2021/11/18/fruits-et-legumes-quelle-place-pour-plus-de-made-in-france/
- paysagisme comestible: https://perpetuelle-paysages-comestibles.com/un-paysage-comestible-cest-quoi/
- https://www.jardinsdefrance.org/reintegrer-larbre-fruitier-au-coeur-des-villes-un-potentiel-sous-estime/
- https://up-magazine.info/urbanisme-architecture-paysages/6958-des-arbres-fruitiers-dans-nos-villes/
- http://vergersurbains.org/reintegrer-larbre-fruitier-au-coeur-des-villes-un-potentiel-sous-estime/
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Montpellier
Occitanie
34062
France
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